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Light, un mono-opéra / journal de création

Le projet

Le mono-opéra Light est une commande des musiciens torontois Xin Wang, soprano et Rob MacDonald, guitariste, et est basé sur le poème éponyme de l’écrivaine montréalaise Klara du Plessis. D’une durée de 40 minutes et incluant une partie électronique, l’œuvre sera produite sous forme de vidéo-concert et présenté en webdiffusion au printemps ou à l’automne 2022 par Le Vivier – Carrefour des musiques nouvelles (Montréal). L’équipe de conception sera complétée par le dramaturge et réalisateur Michael H. Mori.

Équipe de création, production et réalisation

Jimmie LeBlanc, compositeur et direction de production

Xin Wang, soprano (site)

Rob MacDonald, guitariste (site)

Klara du Plessis, librettiste (site)

Michael H. Mori, dramaturge et réalisateur (site)

Flavie Lemée, éclairagiste (site)

Xavier Madore (directeur de la photographie) et La Conserve Média (site)

Sara Sabourin, assistance à la scénographie et régie de plateau

Mathieu Leclair, assistance à la direction de production

Le livret

Light met en scène un moment central dans le tryptique Hell Light Flesh, une œuvre poétique et narrative relatant diverses perspectives sur la violence domestique, ici sous la forme du châtiment physique infligé par un père à son fils adolescent. Pour l’autrice Klara du Plessis, ayant grandit en Afrique du Sud, cela reflète une certaine culture traditionnelle, conservatrice, et son livre se veut une critique de la violence qui se perpétue à travers ce type de rituel patriarcal. Dans ce contexte, alors que la première et la troisième parties (Hell et Flesh) sont plus concentrées, tourmentées et situées à l’intérieur de la maison où les punitions sont infligées, Light agit comme un interlude où la mère entraîne sa fille cadette hors de la maison, au jardin, de manière à la protéger des violences du père, et afin qu’elle n’entende pas ce qui se passe à l’intérieur. L’extérieur s’avère aussi espace de création, car la mère est peintre et travaille ainsi sous le regard attentif de sa fille, à l’abri d’un arbre. Dans cet espace plus calme, nous parcourons différentes sensations très concrètes et tactiles liées à l’environnement immédiat, ainsi qu’aux couleurs, à la peinture, à l’action de peindre. C’est aussi un moment où les pensées s’envolent, se font plus introspectives, parfois philosophiques, plus abstraites, mais toujours sensibles et très habitées.

Journal de création

Tout au long de notre processus de création, nous vous partagerons ici nos avancées, découvertes, extraits du livret en train de se faire, réflexions esthétiques, théoriques, idées farfelues, indécises, visions fugitives, propos enjoués et peut-être mêmes quelques expérimentations poétiques, sonores ou visuelles! Restez à l’écoute.

11 juillet 2021

Le travail de conception progresse, il s’agit maintenant de dégager une structure narrative à partir de la ré-écriture de Light sous forme de livret. Plusieurs questions surgissent : si Light est articulé autour de la perspective de la mère, comment faire exister les autres perspectives à travers la sienne, quels sont les types de discours narratifs, quelles formes musicale peuvent-ils prendre…

La redécouverte d’une version du texte antérieure à la publication du livre de Klara du Plessis en 2020 alimente notre exploration (voir ici), et il est intéressant d’y voir figurer certains des éléments visuels que l’on trouve dans le poème, basés sur la forme d’onde d’un son de cuir frappant la peau, voir notamment aussi la page des playbars (sous « Here is the rod: ») avec cette fois la réalité sonore que le web permet (la 5e playbar correspond au son original de la forme d’onde utilisée)!

(L’image ci-contre provient du site référencé (musemedusa[dot]com) et apparaît à la page 54 du livre original)

28 décembre 2021 – Quelques exemples du travail d’esquisses…

Structure du livret, montrant les divers personnages incarnés tour à tour par la chanteuse, ainsi que les réalités et temporalités de chacun.
Exploration pré-compositionnelle des caractères et vocalités de chaque personnage.
Esquisse – étape 1 – d’un passage chanté, montrant des annotations du livret avec prémisses de scénario visuel, tenter de cerner un caractère, une intention, un type de comportement sonore, assez en vrac et très variable selon le cas!
Esquisse – étape 2 – d’un même passage chanté, j’aime bien récrire le texte à la main, je me l’approprie ainsi davantage, et je lance quelques idées notées en marge. À ce stade, le matériau harmonique dérive de situations précédentes apparentées, mais je n’établis pas encore de système, je tente de trouver un caractère à travers le choix des intervalles et des configurations. J’ai remarqué au fil de ce premier stade d’esquisse sur l’ensemble du livret que j’utilisais volontiers des configurations de type crible ou sons fixés, ce qui constitue déjà une prémisse unifiante du langage harmonique, mais ce n’est qu’après avoir tout défriché une première fois que j’ai regardé l’ensemble pour commencer à resserrer ces premiers jets autour de logiques d’ensemble cohérentes. Il y a aussi tout un rythme intérieur qui n’est pas noté à cette étape, mais il ne faut pas que j’attende trop avant de le faire, si je ne veux pas l’oublier!
Esquisse d’une « récitation » à partir d’un remaniement d’une strophe du livret : chaque lecture successive du passage dévoile davantage de texte (ce qui est ombragé n’est pas prononcé de façon audible), et il y a des précisions sur le montage ‘cut-up’ avec hypothèses de vocalités pour chaque catégorie sémantique ayant motivé le découpage.